Cardboard cutout carton decoupe installation

Cartons, 2002 – cardboard cutout installation

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Cartons, 2002 – cardboard cutout installation

Cardboard cutout carton decoupe installation

Cartons, 2002
50 cardboard boxes cutout installation
View of the show at Musee d’art moderne de Ceret, France

English


Cartons is an ensemble of 50 cardboard cutout boxes. Each square cardboard is cut on 4 faces, each with a different freehand drawing cut with a large blade knife. The boxes can be disposed in different ways depending of the space.

 

The piece has been shown previously first at the French collector Jacques Arnaudies in Paris in 2002. Then at Galerie Jean Fournier, 22 rue du Bac in Paris in 2003. It was shown in a group show titled 4 vérites + 1 including Julien Gardair, Guillaume Lebelle, Nathalie Leroy-Fiévée, Patrick Séron and Pascal Ravel. Then, in 2004 it has been shown as a solo presentation at the Musee d’art Moderne de Ceret in south of France.

Français


Cartons est un ensemble de 50 caisses en carton découpées. Chaque carton est découpé sur quatre faces à l’aide d’un gros cutter. Chaque dessin est different et figuratif. Les caisses sont disposées  librement dans l’espace selon ses caractéristiques.

Cartons à été presenté chez le collectioneur français Jacques Arnaudies à Paris en 2002.  En 2003, l’installation était présentée dans l’exposition 4 verites + 1 incluant les artistes Julien Gardair, Guillaume Lebelle, Nathalie Leroy-Fiévée, Patrick Séron et Pascal Ravel à la Galerie Jean Fournier, 22 rue du bac à Paris. Ensuite, en 2004, Cartons à fait l’objet d’une présentation personnelle au Musée d’art Moderne de Ceret dans le sud de la France, alors dirigé par Josephine Matamoros.

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Texte écrit par Jacques Arnaudiès et édité par Jean Fournier au moment de l’exposition à la Galerie Jean Fournier

Les yeux comme le ventre…

« Des mains de sexe brûlent les poches
et les ventres bouent par dessous ;
toutes les pensées s’entrechoquent,
et les têtes moins que les trous. »
A. Artaud, La rue – extrait

Julien Gardair fait partie de cette génération imprégnée d’images : peintures, cinéma, publicités sont le support de ses fictions, de sa mythologie personnelle. Dans son travail les images, comme les mots d’Artaud, retrouvent leur légèreté et leur tragique dans l’équivoque.

L’artiste joue et se joue de la peinture, dessine le regard comme le bavardage, la respiration ou l’échange, décolore pour dépeindre. La figure peut prendre en main les coulures du médium pour les replacer dans la toile, jouer à cache cache dans les superpositions, faire un pied de nez au peintre dépassé par son acte. L’important dans ce jeu pictural c’est d’apporter une réponse – le pinceau, le cutter ou la caméra à la main – aux effets du geste qui précède, juste après pour éviter toute narration… Alors par le jeu de la transgression, du détournement, de la surprise, les publicités de regardées nous regardent, les emballages deviennent transparences, les peintures points de vue, les vêtements des leurres que le vide révèle, les slogans des reflets (plus de l’entrejambe que de la pensée)… et s’il sort un « vers » de la modernité bedonnante ce sera un ver, chenille qui prend la place du pinceau, prêt à prendre des ailes.

Chez Jean Fournier qui a toujours su créer des rencontres – événements à partir d’une éthique de la peinture, Julien Gardair rejoint ses grands pairs qu’il a toujours côtoyé dans la distance comme dans l’interrogation : Viallat et la liberté donnée par sa forme à ses supports comme à sa peinture, Shirley Jaffe pour la rigueur dans ses rapports blanc, forme, couleur qui donne vie à l’aléatoire, Hantaï qui en s’effaçant fera surgir la peinture par la contrainte ou le cutter. Chacun trouve sa liberté picturale en supprimant la figure en tant qu’image narrative là où Julien Gardair, d’une autre génération, rend sa liberté à l’image en ne suppriant que sa littéralité.

Pour chacun un engagement total, au-delà ou en deçà des mots, qui a fait dire à Jean Fournier que cette peinture viendrait des yeux comme du ventre… une gourmandise de l’esprit.


Jacques Arnaudiès
1 – 2003

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